Discours de Philippe Godin à l’occasion du 1er mai 2017

Philippe Godin President USC Herstal 2Chers camarades, Chers amis,

Je vous souhaite, tout d’abord, la bienvenue et un bon appétit, à l’occasion de notre traditionnel grand petit-déjeuner du 1er mai, et vous remercie toutes et tous de votre présence ce matin.

Je remercie, d’ores et déjà, les Faucons Rouges et leurs chefs, Francis et Bruno pour l’organisation de cet évènement et la qualité, toujours présente, de leurs préparations.

Incontestablement, ce 1er mai est particulier et revêt une saveur différente, une atmosphère pour le moins lourde et pesante pour notre Parti.

Jamais, aussi loin que ma mémoire me sert, le Parti socialiste n’a été autant attaqué, critiqué, décrié, que ce soit par l’ensemble des concitoyens, mais aussi et surtout, plus grave encore, par nos propres affiliés et militants.

Le séisme, le désamour sont encore beaucoup plus forts, plus prégnants qu’au temps du scandale Agusta, ou plus récemment des affaires de la Carolo.

Le scandale PUBLIFIN, et ses révélations, notamment, sur les salaires plantureux que s’octroient des élus socialistes, sur des jetons de présence indécents, touchés pour des réunions de Comité que ne se tenaient même pas ou si peu, révèlent que l’ensemble de la classe politique est mouillée, et participe directement ou indirectement à ce système ; l’opprobre et la vindicte populaire se focalisent néanmoins, presque exclusivement sur le Parti Socialiste, et ses élus indélicats.

Les auditions de ces élus socialistes par la Commission PUBLIFIN du Parlement Wallon n’ont guère arrangé les choses, ni participé à faire redescendre la pression, et les attentes de nos concitoyens.

Il faut, du reste, bien reconnaître, que les pratiques dénoncées par cette affaire, s’apparentent peu à l’idéal socialiste, et au comportement et positionnement que l’on est en droit d’attendre d’un élu socialiste.

Ceci d’autant moins encore lorsque l’on connaît les difficultés rencontrées par nos concitoyens face à ce gouvernement de droite, qui ne cesse de déconstruire nos acquis sociaux et notre sécurité sociale, politique précisément combattue et dénoncée par notre Parti.

Ce n’est guère un hasard si peu de nos élus se soient manifestés pour défendre les acteurs ciblés dans ce sandale ; défendre l’indéfendable à parfois ses limites (c’est un avocat qui vous parle !).

Ces évènements ont également eu une répercussion sur nos instances, puisque, véritablement acculé et indirectement mis en cause, notre Président de la Fédération Liégeoise a présenté sa démission entrainant celle de l’ensemble de l’Exécutif.

L’élection du nouveau Président permettra, je l’espère, de relancer la mécanique et de donner l’impulsion nécessaire dans l’optique des prochaines échéances ; il lui appartiendra de démontrer une réelle volonté de s’affranchir du passé et de ces pratiques contestables ; le score réalisé par le jeune candidat des MJS, qui incarnait quant à lui un véritable renouveau et un nouvel élément démontre que nos affiliés ont véritablement la volonté de faire table rase du passé et d’ouvrir une nouvelle page de notre Parti.

Le contexte international n’est guère plus favorable ; le Parti Socialiste voit son influence diminuée dans la plupart de nos pays amis européens, et la déculottée (il n’y a pas d’autre mot, si ce n’est peut-être humiliation) prise par le candidat socialiste aux élections présidentielles française (alors que l’on sort d’un quinquennat d’un président et d’un gouvernement socialiste) ne sont pas non plus matière à nous réjouir et à nous mettre du baume au cœur.

C’est peu dire que celui-ci saigne effectivement et abondamment ces moments-ci.

* * *

Alors, n’y a-t-il plus raison d’espérer, devons-nous considérer que tout est foutu et nous préparer au pire pour l’avenir ?

Heureusement non, et je vois plusieurs sources d’espoir et d’espérance :

• Le parti a, à mon estime, réagi, cette fois, adéquatement et rapidement, en excluant de ses rangs, les acteurs principaux du scandale, et qui concentraient sur leur personne, tout ce que nous ne voulons plus, que nous abhorrons ;
• La Fédération Liégeoise s’est dotée, comme signalé, d’un nouveau président, et l’espoir est de voir émerger de nouveaux profils, de nouvelles règles de fonctionnement, plus transparentes et plus démocratiques ;
• Le Gouvernement Wallon vient de se doter de nouvelles règles de transparence quant aux mandats exercés par les élus politiques au sein des différentes intercommunales, ce qui permettra, à l’avenir d’avoir le contrôle sur les émoluments et jetons promérités au sein de ces celles-ci.
• Enfin et surtout, ces affaires n’ont en rien éclaboussé notre classe politique socialiste herstalienne ; au contraire, notre ami Député-Bourgmestre, notre ami Frédéric sort quant à lui renforcé et consolidé à la suite de ces évènements et cette légitimité lui aurait permis (ce que d’aucuns l’exhortaient à faire d’ailleurs) de briguer la présidence de la Fédération Liégeoise du Parti.

Comme vous le savez, Fredo a préféré finalement se consacrer pleinement à ses mandats de Bourgmestre et de Député, sans se disperser davantage, et considérant que la Présidence de la Fédération nécessitait plus qu’un tiers-temps.

C’est tout à son honneur et ne peut Nous Herstaliens, que nous réjouir de cette décision.

C’est précisément, chers Amis, dans de telles circonstances, et animés de telles intentions, que nous ne devons pas abandonner, ou sombrer et céder à la morosité ambiante. Nous avons encore notre rôle à jouer, des idées à porter, des messages à faire passer et surtout des actions et contributions à mener.

C’est ce qui nous distingue de ces donneurs de leçons, de ceux qui crient aux loups et aux scandales, sans toutefois rien proposer de concret et sans mettre la main dans le cambouis.

Le Parti Socialiste est un parti de pouvoir, qui propose et décide, qui prend ses responsabilités.

C’est de cela dont nous avons encore besoin.

Cela ne peut se faire que grâce à vous, à vos actions, à votre mobilisation.

Je n’ai aucun doute à cet égard.

Cela fait 10 ans déjà, que je le fais, à vos côtés, ici à HERSTAL ; nous continuerons ensemble, avec tous nos mandataires, nos élus, notre Bourgmestre, à porter notre message.

Voltaire a dit : « Souvent le désespoir a gagné des batailles ».

Formons les rangs camarades, mettons-nous en ordre de marche et allons vaincre, nos ennemis et ceux qui nous ont enterrés prématurément.

Bon 1er mai.

Philippe GODIN
Président de l’USC Herstal