Discours de Philippe Godin, Président de l’USC, à l’occasion du 1er mai 2016

Philippe Godin President USC Herstal 2Chers amis,

Chers camarades,

C’est toujours un plaisir renouvelé de vous accueillir et de vous remercier de votre présence à l’occasion de la commémoration du 1er mai, que nous fêtons traditionnellement à HERSTAL par notre grand petit-déjeuner.

Je tiens, d’ores et déjà, à cet égard, à remercier Francis et Bruno et toute son équipe des Faucons Rouges qui, chaque année, nous accueillent et savent si bien nous recevoir.

Merci à toute l’équipe, ils méritent bien nos applaudissements.

 

Le 1er mai, la fête du travail, est une fête socialiste.

Vous vous souviendrez peut-être qu’il y a déjà quelques années (le temps passe si vite), je vous avais rappelé l’origine du 1er mai.

Rappelez-vous, cette fête tire ses origines dans l’histoire du monde ouvrier ; le point de départ est le samedi 1er mai 1886 (j’y reviendrai).

Ce jour-là, à Chicago, un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures est lancé par les syndicats américains, alors en plein développement.

Une grève suivie par 400.000 salariés paralyse de nombreuses usines.

La date du 01er mai n’est pas choisie au hasard : il s’agit du « moving day », le jour où traditionnellement, les entreprises américaines réalisent les calculs de leur année comptable.

Le mouvement se poursuit et le 04 mai, lors d’une manifestation, une bombe est jetée sur les policiers qui ripostent : bilan : une dizaine de morts dont 7 policiers. S’en suivra la condamnation à mort de 5 anarchistes.

Trois ans plus tard, le Congrès de la deuxième Internationale Socialiste réuni à Paris pour le Centenaire de la Révolution Française décide de faire du 1er mai une « journée internationale des travailleurs » avec pour objectif d’imposer la journée de 8 heures. Cette date fut choisie en mémoire du mouvement du 01.05.1886 de Chicago.

Dès 1890, les manifestants arborent un triangle rouge symbolisant leurs triples revendications, 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisirs.

 

Alors pourquoi rappeler l’origine du 1er mai, fête des travailleurs, fête des socialistes.

Et bien, c’est parce que, où j’ai véritablement l’impression qu’il n’est guère de bon ton à l’heure actuelle de se revendiquer socialiste, de gauche ; comme si cela était une maladie contagieuse ou chose honteuse.

Le système de balancier du pouvoir penche incontestablement de nos jours vers la droite, ou vers les extrêmes qu’ils soient de droite ou de gauche.

Les résultats enregistrés en Autriche et les intentions de votes en France notamment nous rappellent que les « Pas de l’oie », ne sont guère éloignés de chez nous et frappent même à notre porte .

Les attentats commis à Paris et à Bruxelles ont encore accentué cette poussée de l’extrémisme.

Il est clair également que le flux migratoire sans précédent, que nous connaissons actuellement, particulièrement mal géré par les autorités européennes, instrumentalisé par certaines personnes malintentionnées, surfant sur le peur, les amalgames et la crainte de l’inconnu, n’invitent pas à une pacification des relations humaines, aux échanges et accueils harmonieux.

 

D’un point de vue purement politique, chez nous en Belgique, outre les difficultés de plus en plus criantes que ressent le MR pour tenter d’exister au sein de ce gouvernement, dominé par les Nationalistes de la NVA, et dont les dirigeants prennent un malin plaisir à se relayer pour lancer des piques et phrases assassines aux fins de tenter de récupérer précisément son électorat extrémiste, passé à la concurrence du Vlaams Belangs (rendant de plus en plus ardue la tâche du pompier Charles MICHEL pour tenter d’éteindre tous ces feux et incendies), l’on constate que la politique de droite, menée par ce gouvernement fait de plus en plus mal, non seulement aux plus démunis d’entre nous, aux ouvriers mais également à l’ensemble de la classe citoyenne (à l’exception des plus riches) ; il suffit de constater les mouvements de grève qui affectent maintenant l’ensemble des milieux du travail, soit les fonctionnaires, les ouvriers ainsi que les indépendants.

Chaque mesure, chaque réforme de ce gouvernement est animée par une seule intention ; restreindre les dépenses de l’Etat, attaquer nos acquis sociaux, notre sécurité sociale et délaisser un nombre croissant de concitoyens sur la touche, sur le bas-côté de la route ; en définitive, tout ce qui va à l’encontre de nos valeurs de fraternité et de solidarité.

Ces différentes mesures ont justifié cette semaine les sorties (et je ne sais si elles étaient ou non volontairement conjointes – poser la question est peut-être y répondre) de Thierry BODSON (Secrétaire général de l’Interrégionale Wallonne de la FGTB) qui après avoir traité le MR de carpette de la NVA et larbin du patronat a rappelé que les mesures d’exclusion du chômage touchaient environ 35.000 chômeurs wallons, essentiellement présents dans des régions et villes déjà défavorisées, et dont la pression sur les CPAS devient de plus en plus intenable et ingérable, de même que pour ces villes et communes qui déjà défavorisées, ne pourront bientôt plus faire face à l’afflux de ces nouvelles demandes.

D’un autre côté, SOLIDARIS a informé dans la foulée que dorénavant, la mutuelle socialiste rembourserait totalement toutes les consultations chez le médecin traitant ainsi que le gynécologue.

Il a été constaté, en effet, selon Jean-Pascal LABILLE, Secrétaire général de l’Union Nationale des Mutualités socialistes que beaucoup de nos concitoyens actuellement ne pouvaient faire face à leurs frais de santé, faute de moyens et qu’ils étaient contraint de reporter sans cesse les consultations chez leur médecin traitant.

Est-ce normal à notre époque, est-ce normal dans notre pays ?

 

Voilà pourquoi, chers amis, chers camarades, et je pourrai multiplier les exemples, il est primordial de rappeler ce qu’est la fête du 1er mai, la fête des travailleurs de la gauche socialiste.

Il faut rappeler tous les acquis obtenus grâce aux combats de nos aïeux et que l’on tente de détricoter à tour de bras.

Nous devons être fiers au contraire, nous devons rappeler ces combats, ces lutes, ces victoires et non pas se racrapoter sur nous-mêmes.

Osons camarades, arborons nos couleurs, nos valeurs, de notre Parti.

C’est le seul qui de manière réaliste et non utopique ou démagogique puisse encore dans ce pays défendre et représenter les intérêts des travailleurs et offrir aux plus défavorisés d’entre nous, la possibilité de vivre de manière décente et humaine.

 

Sur le plan local, je tiens à féliciter le travail réalisé par notre Bourgmestre, ses échevins et mandataires au sein de nos différentes institutions.

Les difficultés financières signalées tout à l’heure et qui affectent gravement le budget de différentes villes et communes ayant contraint certaines à licencier une partie de leur personnel n’ont heureusement pas eu de prise chez nous.

En effet, grâce à une gestion rigoureuse et nonobstant, ne le cachons pas, les difficultés financières propres à une
Ville comme HERSTAL qui n’a pas une population particulièrement favorisée, point de licenciement mais au contraire, une volonté d’accroitre, d’améliorer le cadre de vie de nos concitoyens et le mieux-vivre ensemble.

A cet égard, lorsque je parlais de la fierté que nous devions avoir vis-à-vis de notre Parti, de notre attachement à nos valeurs indéfectibles, je voudrais citer parmi tant d’autres, trois actions, trois manifestations organisées par la Ville et qui permettent de rappeler et commémorer les valeurs de notre Parti :

 

1. Tout d’abord, la commémoration, il y a quelques semaines de la grève des femmes de la FN avec ce célèbre slogan : « A travail égal, salaire égal », lancé en février 1966.

Durant trois semaines, ces travailleuses vont se battre pour imposer leurs revendications contre les patrons de l’entreprise ; si elles n’ont pas obtenu l’intégralité de leurs revendications, elles ont changé le cours de l’histoire des luttes.

Ce n’est pas un hasard si cet évènement s’est traduit à HERSTAL et participe de notre mouvement.

 

2. Il y a eu la commémoration encore en cours des 80 ans de la guerre d’Espagne, en collaboration avec la Maison de la Laïcité et de la solidarité, du Centre culturel Hernandez et en hommage à nos nombreux concitoyens espagnols.

Cette guerre de 1836 à 1839 opposait en Espagne le camp des Républicains orientés à gauche contre les Nationalistes et les Putschistes orientés à droite et l’Extrême droite menée par Franco et déboucha malheureusement sur une dictature qui durera 36 ans jusqu’à la transition démocratique à la suite de la mort de Franco.

Il s’agit de commémorer la lutte de la solidarité, de la démocratie contre l’extrémisme et les Nationalistes.

 

3. Enfin, il convient de rappeler les Chartes proposées par notre Bourgmestre et son collège communal :

  • La charte de la mixité sociale et urbaine ;
  • La charte contre le dumping social dans les marchés publics ;
  • Et ce lundi, la charte du Vivre-Ensemble.

Celle-ci permettra un mieux-vivre ensemble en organisant la réunion et le partage de différents citoyens issus de différentes souches, de différentes religions et de différentes cultures.

 

Ce sont des initiatives qui sont en adéquation avec nos valeurs et qui tentent à démontrer la pertinence de celles-ci, encore aujourd’hui, surtout aujourd’hui.

 

Je voudrais également remercier les membres de notre USC, de nos Comités pour leur participation et leur soutien à nos différentes actions ainsi que l’ensemble des mouvements associés (les MJS qui viennent de célébrer dernièrement leur fête, les pensionnés, les Femmes prévoyantes, les Faucons rouges) pour leur implication dans la vie de notre Parti.

 

Au niveau de l’USC, les affilés, vous chers amis, chers camarades, m’avez fait l’honneur de me donner à nouveau votre confiance pour continuer mon travail à la Présidence de notre USC et ce, pour un nouveau mandat.

J’en suis fier et touché et comme on dit dans ces cas, j’espère être à la hauteur de votre confiance, de vos espoirs et de vos aspirations.

Nous devons déjà nous atteler à la préparation des prochaines échéances en 2018, c’est déjà demain.

J’espère compter sur l’ensemble de nos forces, sur votre soutien et sur votre implication.

Enfin, je termine sur l’annonce d’un évènement particulier : En effet, notre camarade Stéphane GRETRY a constaté, en consultant des archives que notre USC fêtait ses 130 ans ce 08 juin prochain.

Les statuts ont été, en effet, signés ce 08 juin, il y a 130 ans du côté de Marexhe (1886, année du 1er mai à Chicago, coïncidence ??).

Je pense que nous devons célébrer cet évènement exceptionnel et mieux encore, le jour même de cet anniversaire.

Vous devriez dès lors recevoir dans les prochains jours une invitation aux fins de participer avec nous à la commémoration de cet anniversaire que nous envisageons non seulement historique mais surtout festif et convivial.

Les informations vous parviendront prochainement et j’espère, d’ores et déjà, pouvoir vous accueillir à l’occasion de cette manifestation.

Merci de votre attention.

 

Pour terminer, une citation sur le travail :

« Le travail, c’est sacré, c’est bien, c’est beau, c’est ce qui compte avant tout, et seuls les travailleurs ont le droit à tout.  » (Boris VIAN).

 

Bon 1er mai.

Vie le Parti socialiste.

Vive le Parti socialiste herstalien.

 

Philippe GODIN
Président de l’USC Herstal