Discours de Philippe Godin à l’occasion des vœux 2016: « Un cri, un SOS. »

Godin voeux 2016 USC Herstal« … Sur l’absence sans désir. Sur la solitude nue. Sur les marches de la mort. J’écris ton nom.

Sur la santé revenue. Sur le risque disparu. Sur l’espoir sans souvenir. J’écris ton nom.

Et par le pouvoir d’un mot. Je recommence ma vie. Je suis né pour te connaître. Pour te nommer.

Liberté. ».

 

Chers amis, Chers camarades,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi, tout d’abord, de vous souhaiter la bienvenue à l’occasion de notre soirée traditionnelle des vœux et vous remercie de votre présence.

Si j’ai voulu vous citer le dernier couplet de la nouvelle chanson des Enfoirés, ce n’est pas pour insister ou vous convaincre du bienfondé de leur action et engagement en faveur des Restos du Cœur (je pense que cela n’est pas nécessaire et que ce n’est pas non plus ni le moment, ni le lieu), mais bien parce que le thème de cette nouvelle campagne, « Liberté », sous forme de la mise en musique et en chanson du célèbre poème de Paul ELUARD, m’interpelle et doit nous interpeller tous en ce début d’année 2016.

Jamais, en effet, au cours de cette année 2015, le mot « liberté » avec son concept et sa signification pour nous, n’aura autant été rappelé, défendu et honoré.

C’est au nom de cette liberté, liberté d’expression, liberté de parole, liberté de culte, que des dessinateurs et des caricaturistes ont été massacrés en janvier 2015 dans les locaux du journal satirique « CHARLIE HEBDO », avec comme seule arme de défense, leurs crayons et leurs stylos.

C’est au nom de cette liberté, liberté de se réunir, de s’amuser, d’assister à des spectacles, simplement liberté de vivre et d’exister, que des centaines de citoyens, de toutes nationalités, de toutes races, de tous sexes, de toutes religions ont péri dans les attentats sanglants de novembre dernier à Paris encore.

C’est au nom de cette liberté que des millions de personnes ont défilé dans les Villes du monde entier au mois de janvier dernier, pour manifester et célébrer cette liberté, ces libertés que nous avons tant à cœur de défendre, qui constituent l’ADN de nos civilisations, de nos pays et de nos démocraties.

Ce sont ces libertés que tendent à combattre et détruire ces « fous de dieux », prétendument au nom d’une cause, d’un dieu, comme si un dieu et notamment celui dont ils se disent les serviteurs pouvaient appeler ses fidèles et zélateurs à commettre de tels actes barbares.

Jamais depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, nos sociétés n’auront été confrontées à tant de violence, à tant de haine, à tant de peur.

Jamais le monde dans son ensemble et sur tous les continents n’aura été confronté à un tel phénomène.

Jamais nos sociétés n’auront été attaquées avec tant d’acharnement, parfois et souvent par ses propres concitoyens, qu’elles ont élevés et éduqués en leur sein et qui prennent la décision irrévocable et définitive de se retourner contre elles, leurs citoyens, leurs peuples, par rejet de cette société et dans l’espérance de voir plonger celles-ci dans les ténèbres, le radicalisme et l’obscurantisme.

Alors oui, chers amis, 2015 aura été une « annus horribilis », une des pires années que l’Humanité ait connue.

L’année 2016 sera-t-elle meilleure ?

Les plus optimistes diront qu’elle ne peut être pire ; les plus pessimistes (ou réalistes) diront que nous ne sommes qu’au début de cette mutation de nos sociétés.

Car, indépendamment de ces actes terroristes perpétrés dans nos pays, ce phénomène engendre toute une série  de conséquences et de dommages directs et collatéraux dans son sillage.

Outre les mesures que nos gouvernements s’imposent et nous imposent pour maintenir notre sécurité et notre bien-être (dont certaines peuvent être jugées liberticides et attentatoires à nos libertés – ce qui est évidemment un paradoxe et le but recherché par ces terroristes), la guerre menée contre ces individus, sur le terrain même de leur déploiement (et dont les objectifs et les opérations entrepris par les pays formant cette coalition ne sont pas toujours semblables, ni communs), jettent sur les routes et dans les mers des populations qui fuient ces guerres et viennent grossir chaque jour le rang de ces migrants, de ces émigrés, de ces illégaux, de ces réfugiés, de ces demandeurs d’asile, selon l’expression que l’on utilise et dont l’emploi et le terme utilisé n’est pas toujours innocent pour celui qui l’utilise.

Et problème, et là de quelque côté que l’on se trouve, il y a et il serait dangereux, voire inconscient que de vouloir le nier.

En effet, si nous avons un devoir d’accueillir, en tant que Nation dite civilisée et berceau des droits de l’homme, toutes celles et ceux qui sont en danger de mort dans leur pays, il ne peut être nié :
•    que dans le flot de ces réfugiés, il existe des réfugiés économiques, et non politiques qui tentent de profiter de ce chaos mais qui ne disposent pas eux d’un droit reconnu à l’accueil ;
•    que certains terroristes profitent de ces couloirs humanitaires pour rejoindre nos contrées ;
•    que tous ne sont pas animés des meilleures intentions et ne partagent pas nos valeurs et nos principes (allusion à ce qui s’est passé à Cologne, le soir du Nouvel An, mais également chez nous) ;
•    que cet afflux, et quoi qu’en disent nos gouvernants aura immanquablement un impact en tout cas à court terme sur nos finances et dépenses publiques.

Or, que constate-t-on ?

Une dichotomie et une division au niveau européen, certains pays érigeant des murs et barbelés pour empêcher l’accès à leur territoire, d’autres, pratiquant une politique d’accueil plus favorable, lorsqu’ils ne se voient pas contraints de reconsidérer leur position.

En Belgique aussi, l’on constate des difficultés à s’entendre sur cette gestion, à parler d’une seule voix, le moindre des paradoxes n’étant pas d’avoir un Secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration NVA, dont la cote de popularité ne cesse de croître en Flandre.

Alors chers amis, chers camarades, je lance un appel, un cri, un SOS, à l’ensemble de nos gouvernants et hommes et femmes politiques, de tous bords, de tous partis aux fins de prendre une position claire et rapide sur ce problème, pour prendre les dispositions pour gérer cette crise et rassurer une population en proie aux doutes et aux craintes.

Qui suis-je, me direz-vous, pour lancer cet appel ?

Juste un citoyen, parmi tant de millions d’autres, qui s’inquiète de l’évolution de nos sociétés, du repli sur soi, du nationalisme, de la montée de l’antisémitisme, du racisme, de la poussée des extrémistes (en France, en Pologne, par exemple), de la radicalité d’une frange importante de notre population et qui souhaite un peu de courage politique aux fins d’éviter des catastrophes irréversibles et empêcher la réalisation de certains scénarios, déjà étudiés et prédits dans une certaine presse et dont un des titres évocateurs était : « Aux armes citoyens ! ».

Il y va de la responsabilité de chacun, l’heure est à la prise de décisions.

Malheureusement, notre politique nationale ne nous incite guère non plus à un optimisme béat lorsque l’on constate que le Parti le plus puissant de Belgique, la NVA n’hésite pas à proclamer la fin de la Belgique en 2025, au grand dam de leurs partenaires dans cette coalition, qui ont bien du mal à réfréner les ardeurs de leur grand frère et qui n’osent pas encore admettre que leur compromission au sein de ce gouvernement facilite le détricotage de l’Etat Belgique.

Gouvernement de droite qui reste également insensible aux revendications et aux manifestations organisées par l’ensemble des travailleurs, de tous secteurs, inquiets non seulement de voir fondre leur pouvoir d’achat, de voir détricoter notre sécurité sociale, mais plus encore pour la sécurité de leur emploi.

Alors, chers amis, n’y a-t-il vraiment aucun motif de satisfaction au cours de cette année 2015, et d’espérance pour cette année 2016 ?

Heureusement, si, et j’en vois tout particulièrement ici à HERSTAL dans notre Ville, sur nos terres.

Je voudrais rappeler les exemples concrets de politique et d’actions menées au nom de l’intérêt collectif et dans le seul intérêt et le bien-être de notre population.

Je voudrais rappeler également et en premier l’idée géniale de notre ami Frédéric sur la règlementation originale concernant les invendus alimentaires en grandes surfaces et qui plutôt que de voir gaspiller des tonnes de nourriture encore consommable, contraint ces enseignes à les offrir aux fins de distribution parmi les plus démunis d’entre nous.

Cette disposition nouvelle a été louée non seulement en Belgique mais également dans l’Europe entière, reprise dans différentes instances et gouvernants et qui a notamment valu à notre ami Frédéric d’être reçu à l’Elysée.

Je voudrais rappeler aussi la finalisation et concrétisation des différents chantiers réalisés sur notre territoire, qui après des inconvénients et tracas inévitables pour nos concitoyens permettent actuellement de redynamiser notre Centre urbain, de le rendre plus attractif et plus convivial.

Je voudrais encore rappeler les actions et politiques menées par notre Bourgmestre, nos Echevins, Conseillers et Mandataires par la mise en place d’une série de plans d’action concernant plusieurs thématiques telle que la propreté publique, la jeunesse, la culture, la mixité sociale, la sécurité, la petite enfance, sans oublier encore récemment, l’ouverture de notre nouveau hall omnisport Michel DAERDEN.

Alors oui, je vois là, par ces diverses actions et politiques des motifs d’espérance et d’optimisme.

Enfin, au sein de notre USC également, je voudrais remercier l’ensemble de nos membres pour le travail et leur participation et investissement au sein de notre Comité.

Je suis ravi de l’intégration de nos nouveaux membres, jeunes et dynamiques à l’issue  du renouvellement organisé cette année 2015 au sein de notre Comité et qui apportent incontestablement une fraîcheur et des idées neuves.

Je me réjouis de la collaboration et des travaux menés également conjointement avec la Fédération, ensuite de la restructuration de ses statuts et des élections y organisées et des projets déjà entamés.

Je suis ravi encore des travaux menés en interne de notre USC pour dynamiser encore la vie et le fonctionnement de celle-ci en insistant sur la nécessité à notre époque de communiquer et de bien communiquer.

Comme j’aime à le répéter, le savoir-faire, c’est bien, le faire-savoir, c’est mieux.

Ces travaux se concrétiseront prochainement, je l’espère, par la publication d’un nouveau trimestriel actuellement en chantier.

Ces travaux se concrétisent également aujourd’hui même par la finalisation de notre nouveau site internet que je suis fier, nous sommes fiers de vous présenter.

Vous trouverez celui-ci à l’adresse www.ps-herstal.be

Je voudrais remercier ici particulièrement le travail réalisé par notre ami Stéphane GRETRY qui a œuvré à l’élaboration de ce site et à sa mise en ligne.

Je vous invite dès ce soir à nous y rejoindre.

Alors, comme vous le voyez, chers Amis, chers Camardes, heureusement, en ce début d’année 2016, je vois encore beaucoup d’espoir et de projets.

J’ai commencé mon intervention en vous parlant de la liberté, je la terminerai également sur ce thème : « Nous n’avons qu’une liberté : la liberté de nous battre pour conquérir la liberté ». (Henry JENSON).

Je vous remercie.

Philippe GODIN,
Président de l’USC Herstal

 

Lire aussi le discours de Frédéric Daerden, Député-Bourgmestre de Herstal