Discours de Philippe Godin à l’occasion des 130 ans du PS herstalien

IMG_47258 juin 1886 : Cinq citoyens herstaliens, cinq amis, Léopold WATHELET, Hubert SACRE, Henri DEPREZ, Désiré FONTAINE et F. OLIVIER, réunis rue Marexhe, au café dit « Chez Hans » décident de créer l’antenne herstalienne du Parti Ouvrier Belge (POB), ce qui constitue la fondation de la création de l’Union Socialiste Communale Herstalienne.

Je rappelle que le POB a vu le jour en avril 1885, rassemblant plusieurs centaines d’associations ouvrières et démocratiques ; le Parti Socialiste actuel étant le descendant direct du POB.

1886 est également une année de fortes tensions sociales que ce soit en Belgique, en Europe ou aux Etats-Unis ; à l’époque, par exemple, les femmes et les ouvriers n’ont pas le droit de vote, les mouvements de grève sont punissables, la place des enfants n’est pas encore à l’école mais à l’usine.

1886, rappelez-vous, j’en ai encore fait allusion dans mon discours de ce 1er mai dernier, c’est à Chicago, le 1er mai 1886 qu’un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures est lancé par les syndicats américains ; une grève suivie par 400.000 salariés paralyse de nombreuses usines et à l’issue d’une de ces manifestations, une bombe est jetée sur les policiers qui ripostent avec comme bilan, une dizaine de morts dont 7 policiers.

C’est de cet évènement que sera décidé de faire du 1er mai, la journée internationale des travailleurs avec pour objectif d’imposer la journée de 8 heures.

Ce n’est donc pas le hasard qui a conduit nos cinq amis à créer notre USC quelques semaines après ces évènements.

8 juin 2016 : 130 ans plus tard, nous y sommes, c’est précisément aujourd’hui et nous sommes toujours là, un peu les descendants et les enfants de ces WATHELET, SACRE, DEPREZ, FONTAINE et OLIVIER.

 

Chers Amis,
Chers Camarades,
Mesdames et Messieurs,

 

Au nom de l’USC de HERSTAL, je voudrais vous remercier pour votre présence à cette commémoration, à cet anniversaire.

Nous avons souhaité, non seulement fêter cet évènement, mais volontairement, le faire le jour même, 130 ans après.

Nous avons pensé que cette initiative était non seulement symbolique mais aussi importante pour notre Parti.

Votre présence (importante) à nos côtés, nous réconforte et nous prouve que nous ne nous sommes pas trompés.

De nos jours, ce genre de symbolique doit nous permettre de ne pas oublier ce que l’USC a fait et permis de créer pour notre Ville.

Ce n’est pas anecdotique, ni un hasard si l’USC de HERSTAL regroupe depuis 130 ans des hommes et des femmes progressistes qui défendent et honorent ces valeurs de la gauche.

Ce n’est pas non plus un hasard si le Parti Socialiste Herstalien participe au pouvoir dans notre Ville depuis plusieurs générations.

Ce type de manifestations, nous rappelle que depuis 130 ans, le Parti Socialiste Herstalien, le Parti Socialiste en général défend les valeurs, les vraies valeurs de la gauche que sont la solidarité, la fraternité et l’égalité. Depuis toujours, le Parti Socialiste s’est battu au côté de nos concitoyens les plus vulnérables, les plus faibles et les plus défavorisés.

« Si la gauche existe, c’est pour affirmer que les inégalités ne sont pas naturelles mais socialement construites et que si l’égalité absolue n’est pas concevable, le combat constant contre les inégalités demeure l’horizon central de tous les progressistes. La lutte pour le temps personnel, le combat pour les droits au travail et la revendication d’une juste rémunération de celui-ci ont été les trois éléments fondateurs du socialisme, et demeurent aujourd’hui essentiels » (Paul MAGNETTE, La Gauche ne meurt jamais, Edition Luc PIRE).

Certes, les conditions ont changé, notamment précisément parce que le Parti Socialiste a pu apporter et instiguer ces changements, mais le combat demeure, les inégalités n’ont pas cessé (ont plutôt même tendance à se renforcer ces dernières années) et nous devons d’autant plus rester vigilants et surtout combatifs.

Il serait certes aisé de se laisser attirer par les sirènes du poujadisme, du populisme, du radicalisme.

C’est une tentation de plus en plus marquée, comme l’est, du reste, en Flandre la réémergence d’un extrémisme, de droite celui-là, dont le terreau est toujours aussi présent.

Mais rappelons-nous précisément que c’est parce qu’il a eu le courage de s’impliquer, de se mouiller, de prendre ses responsabilités que le Parti Socialiste a permis à nos concitoyens, à notre Ville, à notre Pays, d’engranger l’ensemble de ces avancées, de ces progrès, de ces réformes et de ces réussites.

Ce n’est pas en hurlant aux loups, en lançant des slogans et propositions populistes et démagogues, en se disant comprendre, eux, les difficultés et les misères des gens, mais surtout en fuyant toutes responsabilités que l’on peut déplacer l’échiquier politique, faire bouger les choses et apporter un mieux vivre à nos concitoyens.

Depuis plus de 130 ans, le Parti Socialiste propose mais surtout, apporte des solutions, parce qu’il participe aux prises de décisions, les initie et les concrétise ;

En un mot, les socialistes, eux, mouillent leur maillot, prennent des coups, mais se relèvent toujours et restent les seuls crédibles, les seuls capables d’offrir une alternative au capitalisme et au néolibéralisme.

C’est cela que nous voulons rappeler, commémorer aujourd’hui avec vous.

C’est pour ça qu’un tel évènement nous paraît nécessaire et même indispensable.

Dans mon premier éditorial, du nouveau magazine de l’USC que j’aurai le plaisir de vous présenter tout à l’heure, je cite pour commencer une citation de Jean JAURES :

« C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source ».

C’est cette source, ces racines de notre Parti que nous célébrons aujourd’hui.

Durant ces 130 ans, l’USC de HERSTAL a vu défiler et compter parmi ses rangs, des hommes et des femmes de valeur, de combat, nourris et pétris de ces idéaux socialistes et humanistes.

L’USC a compté parmi ses membres, de grands hommes politiques, de grands dirigeants, de grands bourgmestres, échevins et autres mandataires.

L’USC a été également dirigée par de grands présidents (parmi eux, les plus anciens se souviendront d’André LOGNARD, Philippe BODSON, Bernard SOMBREFFE, et pour les plus jeunes, Jules DEGRAFFE, et Yves JACOBS) et même une présidente (Yvette LAMURY, épouse de notre ami Francis PACOLET).

Qu’il me soit permis ici de leur rendre à toutes et tous un vibrant hommage et de les remercier, en votre nom pour tout ce qu’ils ont apporté à notre USC, à notre Parti.

Je sais que l’héritage, le combat de toutes ces femmes et de tous ces hommes perdurent et prospèrent encore actuellement grâce à nos mandataires, qu’ils soient bourgmestre, échevins, conseillers, menés par notre chef de file, notre ami Député-Bourgmestre, Frédéric DAERDEN.

Qu’il me soit également permis en votre nom également de leur rendre hommage ce soir.

Avant de passer la parole à notre ami, Fredo, pour me permettre de la reprendre quelques instants ensuite, pour vous présenter deux surprises (j’ai bien dit deux), je voudrais encore remercier ceux qui ont œuvré à la mise en place et à la réussite de cette soirée, que ce soit le propriétaire de ce bel endroit, Monsieur LEBOUTTE, qui nous a facilité la tâche ainsi que nos camarades André, Albert, Stéphane, Déborah, Lucie, Jean-Paul, Rocco, Lara ainsi que ceux et celles qui nous aident ce soir.

Alors chers Amis, faisons la fête et comme l’écrit encore notre ami Paul MAGNETTE :

« La fête rassemble, dissous les différences, met les énergies en mouvement, nourrit les émotions et les enthousiasmes. La fête est, pour la gauche, le meilleur antidote contre la résignation et le meilleur substitut à la violence ».

Je vous remercie.

Philippe GODIN
Président de l’USC Herstal