Discours de Frédéric Daerden prononcé lors des voeux 2019 de la Fédération liégeoise du PS

49895773_2306236616275402_7163488138097065984_nChers Camarades,
Chers Amis,
Je suis très heureux que nous nous retrouvions ce matin à Seraing où je compte beaucoup d’amis.
Le Seraing du cœur, cher à Francis, que je félicite pour son élection au poste de Bourgmestre le 14 octobre dernier.
Le Seraing des enfants de Cockerill, qui s’est transformé grâce à la vision de Guy et à la détermination d’Alain et de son équipe.
Le Seraing rouge qui conserve, malgré un contexte difficile, le leadership comme c’est également le cas dans d’autres communes de l’arrondissement. Cela fait du PS et Jean-Pierre l’a évoqué, le premier parti à Liège mais aussi en Wallonie et à Bruxelles.
Je fais le vœu qu’il en soit de même en mai prochain et vous souhaite à vous et à vos proches, une bonne année 2019 prospère et solidaire.
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L’année 2018 a été marquée par les élections communales et provinciales du 14 octobre dernier.
Nous pouvons être fiers de la campagne menée après une année 2017 tourmentée et particulièrement pénible.
Je tiens à féliciter tous les candidats et les militants pour leur détermination sans faille et leur travail acharné sur le terrain.
En prenant un peu de recul, nous observons en Wallonie et à Bruxelles un retour en force des idées de gauche dans la population.
Nos concitoyens se rendent comptent qu’ils n’ont rien à espérer d’un système néolibéral, obsédé par le profit, qui ne cesse de creuser les inégalités et détruit la planète.
Ils veulent des mandataires proches d’eux, connectés aux réalités quotidiennes et porteurs de projets d’espoir.
Le socialisme est la meilleure réponse aux urgences sociales, environnementales et démocratiques.
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Pourtant, les colères et les peurs citoyennes sont récupérées et attisées par les populismes de gauche et surtout de droite.
Dans toute l’Europe, Marc Tarabella pourra nous le confirmer, des partis xénophobes attisent les haines et stigmatisent les mêmes catégories de citoyens.
De nombreux pays sont frappés par la fièvre populiste provoquées à coup de fake news et de raccourcis honteux. Cette fièvre provoque inévitablement la dérive de notre continent et du projet européen.
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En Belgique, la NV-A, inspirée par l’extrême droite et aux ordres du patronat flamand, a dicté durant 4 ans à toute la Belgique sa vision de la société. Le tout avec un MR totalement soumis et complice.
Les résultats décevants aux communales de ces deux partis ont précipité la chute du gouvernement.
Le PS, de par son histoire et sa nature, incarne la résistance au nationalisme et à la droite extrême. C’est notre fierté, c’est notre identité.
C’est la raison pour laquelle, je vous le dis, nous refuserons de gouverner avec la NV-A.
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Le PS, c’est aussi la révolte face aux injustices sociales qui ont été provoquées par l’ultralibéralisme de ce gouvernement des droites.
Durant ces 4 années, c’est une attaque en règle contre notre modèle social qui a été menée sous un prisme flamand favorable au VOKA.
Le bilan économique et social de ce gouvernement sans les socialistes est catastrophique. On a souvent dit, en critiquant la formule, que ce serait pire sans les socialistes mais là on le constate.
Malgré un contexte économique favorable, nous sommes en queue de peloton européen en matière de pouvoir d’achat, de création d’emplois et d’objectifs climatiques.
Les travailleurs, les pensionnés, les allocataires sociaux et les fonctionnaires… ont payé très cher les 19 milliards de cadeaux fiscaux accordés aux entreprises.
Il y a eu le saut d’index, l’allongement des carrières, toutes les taxes sur la consommation, la précarisation du marché de l’emploi…
Je citerai également les coupes brutales dans les soins de santé par la Mutualité au travers de Jean-Pascal Labille et de Pierre Annet.
Rajoutons les coupes dans les services publics et la dislocation de la concertation sociale…
Tout cela a alimenté colère citoyenne.
Les mouvements et manifestations syndicales ont rythmé l’année 2018.
Pas à pas, action après action, ils ont dénoncé la politique menée au fédéral mais aussi au niveau wallon avec la réforme des APE.
Je tiens à rendre hommage à Francis Gomez qui a terminé son mandat après une carrière syndicale exemplaire et à assurer à Joël Thone, qu’il pourra compter sur moi pour être leur relais, notamment au niveau fédéral.
L’augmentation des taxes sur les carburants a été le détonateur de la crise du pouvoir d’achat.
La population, notamment à travers les gilets jaunes, s’est fait entendre et a confirmé tout ce que nous disions, avec le syndicat, depuis des années.
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Tout au long de la législature, avec les députés socialistes de Liège et d’ailleurs, nous avons mené une opposition de chaque instant.
Nous avons déposé des dizaines de propositions de loi tout en relayant et en appuyant les actions syndicales et les prises de position de la société civile.
J’ai veillé à défendre tout particulièrement les pensionnés face aux attaques incessantes dont ils ont fait l’objet.
Ce gouvernement nous oblige à travailler jusqu’à 67 ans alors que l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 64 ans et demi.
Quand certains experts nous prédisent dans une économie digitalisée la fin du travail, le Ministre des pension, Daniel Bacquelaine nous impose le travail sans fin.
D’autres, depuis la tribune du Parlement relayée sur Youtube ou facebook, excelle dans la surenchère verbale et vous voyez à qui je pense.
Cette surenchère a un mérite, elle ne coûte rien. Elle a un inconvénient, elle ne rapporte rien non plus à nos concitoyens.
C’est d’autant plus vrai lorsqu’on leur propose sincèrement d’exercer le pouvoir au niveau communal et que leur refus est uniquement motivé par une stratégie électoraliste. Notre ennemi, c’est la droite mais nous n’avons de leçons à recevoir de personne à gauche.
Au PS, nous sommes un parti de masse. Un parti populaire mais nous ne sommes pas populistes.
Nous articulons indignation et solution.
Nous incarnons la résistance mais aussi l’espérance concrète.
Démontrons-le dès dès maintenant. Avec la chute du gouvernement, le Parlement reprend un rôle central. Déposons une loi d’urgence annoncée par Elio. afin d’augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs.
Ces mesures sont une première étape vers une transformation plus structurelle de notre système. Le monde a changé, les enjeux ont changé.
Dans notre programme nous devons répondre aux défis de l’égalité. C’est la raison pour laquelle nous proposons de :
– Augmenter le salaire minimum à 14 euros de l’heure, 2300€/brut ;
– Revenir à la pension à 65 ans ;
– Faire passer toutes les allocations au-dessus du seuil de pauvreté ;
– Globaliser les revenus ;
– Assurer le financement de notre sécurité sociale ;
– Réduire progressivement et collectivement le temps de travail.
Ces réformes sont progressistes et porteuses d’espoir.
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Espoir aussi d’un environnement préservé.
Ce combat doit se mener en conciliant urgence climatique et urgence sociale. Jean-Pascal et Edouard l’ont bien compris avec leur manifeste pour un nouveau pacte social et écologique.
Ce que distingue les écolos des socialistes sur la question climatique, c’est que les premiers veulent sauver la planète alors que nous, nous voulons sauver l’humanité.
Nous devons tracer une écologie qui intègre le volet social. Une alternative qui avancera sur deux jambes : environnemental et social.
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Camarades,
Notre arrondissement et notre Province regorgent d’atouts (Paul-Emile et Luc ne me contredirons pas). Je remercie nos amis de Huy-Waremme (…) et de Verviers (…) pour leur présence.
Nous avons du potentiel, de projets, des réalisations dont la plupart sont le fruit du travail des socialistes.
Les villes du bassin industriels le long de la Meuse ont entamé avec succès leur reconversion.
Le développement de l’aéroport, de la logistique, de la mobilité, des pôles de compétitivité sous l’impulsion de Jean-Claude soulignent l’importance de l’initiative industrielle publique et d’une économie encadrée et soutenue par le public.
Fier de nos combats et de notre projet porteur d’espoir nous devons envisager les scrutins à la région, au fédéral et à l’Europe avec détermination pour les gagner.
A ce titre, je suis très fier d’avoir été désigné tête de liste à la chambre par les instances. Pour moi, c’est une première aux côtés d’un expérimenté, Jean-Claude, qui a l’habitude à la Région et même à l’Europe de mener la campagne.
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Notre victoire en mai passe une implication de tous et notamment par l’adhésion des jeunes au projet socialiste.
Plus de 600.000 jeunes ont voté pour la première fois aux derniers élections communales.
Cette génération née dans les années 90 et 2000 a constamment été confrontée à un discours de crise : crise politique, institutionnelle, financière, économique, humanitaire…
Confronté systématiquement à ce désenchantement, plus que d’autres, ils ne croient plus au système démocratique et à sa capacité à résoudre des problèmes.
Rendons leur espoir, soyons le parti de la jeunesse.
Je compte sur les JS emmené, sur les jeunes qui seront la liste, sur nos deux vice-présidents encore très jeunes (Laura et Thibaut) mais aussi sur Chantal dans une logique intergénérationnelle.
Les jeunes doivent trouver des réponses dans notre programme et être inclus dans nos actions. De nouvelles formes d’engagement et de démocratie participative sont à inventer.
Mes amis, il faudra mener une campagne de terrain, maison par maison et vous savez que j’adore ça.
Aller au contact de la population comme nous l’avons fait aux communales en proposant des solutions progressistes aux peurs, aux craintes et aux incertitudes légitimes de nos concitoyens.
C’est un début d’année de combat qui s’annonce avec les militants, les candidats et l’action commune.
Nous devons être le 1er parti à Liège largement devant le MR et en finir pour de bon avec ce gouvernement. C’est le vœu que je nous souhaite en ce début d’année camarades.
En avant camarades.