Discours de Frédéric Daerden à l’occasion des vœux 2017 de l’USC de Herstal

© Xavier Gonzalez
© Xavier Gonzalez

Mes Chers amis,

Merci d’être venus si nombreux et je vous souhaite, ainsi qu’à vos proches, une très heureuse année 2017.

Vous êtes plus de 200 à être présents à l’occasion des vœux de l’USC de Herstal.

C’est le signe d’un engagement réconfortant à l’heure où notre monde, notre pays et notre parti connaissent des temps troublés.

2016 a été une année affreuse sur le plan international.

Guerre en Syrie, attaques terroristes, crise des migrants, Brexit, élection de Trump, montées de populismes en Europe…

L’instabilité provoque une incertitude qui n’a jamais semblé aussi grande.

Incertitude mais aussi perte de repères et de confiance.

La grande enquête « Noir jaune blues » met  en lumière la perte de confiance vertigineuse dans les institutions, les syndicats, la justice, la police, les médias. Personne n’est épargné.

Les responsables politiques sont particulièrement pointés du doigt.

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L’actualité de ses dernières semaines aggrave encore la fracture entre les citoyens et une classe politique éclaboussée dans son ensemble.

Les comportements inacceptables révélés touchent des mandataires de plusieurs partis mais ils font encore plus de mal au PS.

Le parti des travailleurs, des pensionnés, des demandeurs d’emplois. Le parti de l’égalité. Le parti de l’abolition des privilèges.

Pour être cohérents, nous devons remettre en cause certains des choix du passé et adapter nos modes d’action. Un sursaut est indispensable.

Même si à Herstal les mandataires de la Ville, du CPAS ou de la Société le logement, n’ont rien à voir avec les dérives révélées.

Même si nous agissons toutes et tous avec l’unique objectif de défendre nos valeurs et servir l’intérêt général. Il faut toutefois s’adapter au degré d’exigence de la société.

Tant à la Fédération liégeoise du PS qu’au Boulevard des propositions ont été formulées. Radicales.

Les militants le demandent depuis longtemps.

L’actualité a accéléré le processus. Les mesures concernent l’ensemble des mandataires avec des positions encore plus fortes adoptées par le PS.

Trois principes à retenir : Transparence. Limite des cumuls. Limite des rémunérations.

À titre personnel, je continuerai à m’investir de la même manière, avec la même passion, tant dans mon combat fédéral qu’à la Ville.

Je suis en outre un ardent défenseur de l’initiative économique publique. Mais elle doit se faire dans une double exigence : la recherche de l’intérêt général et une gouvernance irréprochable.

Une exigence pour être à la pointe et pouvoir se reconcentrer sur l’essentiel. Améliorer le bien-être de nos concitoyens.

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L’essentiel au Fédéral, c’est combattre une majorité ultralibérale qui prend des mesures antisociales et inefficaces.

Après le saut d’index, le relèvement de l’âge de la pension à 67 ans,  les économies démesurées en soins de santé avec notamment des médicaments plus chers, le gouvernement MR-N-VA s’attaque au financement de la sécurité sociale et remets en cause le droit du travail.

Avec mes collègues, en commission des Affaires sociales, nous luttons durant des heures et des heures contre la remise en cause de ces conquêtes sociales.

Une remise en cause au seul bénéfice des assurances privées et des employeurs.

Pour rappel : la croissance économique belge est actuellement l’une des plus faibles de la zone euro. La Belgique est devenue le seul pays européen, avec le Portugal et la Grèce, ou le pouvoir d’achat des travailleurs a diminué.

La rigueur budgétaire n’existe plus avec des recettes et des effets retours largement surévalués.

Mais plus grave, toutes ces mauvaises mesures accentuent le désarroi des citoyens. La pauvreté et les inégalités augmentent.

Face à cette situation, la gauche doit être plus unie que jamais. En action commune. Elle doit être le rempart contre la droite et les nationalismes au niveau européen, un rempart contre la politique fédérale.

Elle doit être aussi une force de propositions pour de nouvelles conquêtes sociales ambitieuses.

Pas avec une allocation universelle qui fragilise notre Sécu mais avec de nouvelles solidarités qui tiennent compte de l’évolution de la société et du monde du travail.

L’individualisation et l’automatisation des droits sociaux. Des fins de carrière aménagés. Une réduction collective du temps de travail. Nous résistons et nous proposons.

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C’est aussi vrai au niveau wallon. La mobilisation contre le CETA a démontré que l’union politique, syndicale, associative et citoyenne pouvait donner des résultats. Ensemble, nous avons dit Stop aux échanges déséquilibrés. Stop à la remise en cause de nos normes sociales, environnementales et sanitaires.

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Cette proximité entre le pouvoir politique et les aspirations citoyennes, nous la revendiquons à Herstal. Depuis 130 ans.

En 1886, des hommes et des femmes comme vous et moi se sont réunis dans le quartier Marexhe pour tenir le premier meeting socialiste de notre commune.

Depuis lors, nous avons souvent été à l’avant-garde de nombreux combats sociaux.

Il y a quelques mois nous commémorions, notamment avec la FGTB, les 50 ans de la grève des femmes de la FN. Le cri « A travail égal, salaire égal » a inspiré le monde.

Désormais, la lutte contre dumping social ou le gaspillage alimentaire sont cités en exemple à l’extérieur.

Dans nos entreprises, la mobilisation syndicale est particulièrement forte. On l’a encore vu avec l’occupation durant près de 50 jours et 50 nuits de l’usine Truck Technic par les ouvriers qui réclamaient des conditions décentes de fermeture et des pistes de reprise industrielle.

C’est sous l’impulsion des socialistes que depuis 130 ans, Herstal a construit des logements sociaux en nombre, a structurer un réseau d’enseignement fort, a construit des infrastructures publiques de qualité…Nous les devons aux socialistes et nous devons en être fiers.

130 ans d’existence et 10 ans qu’un Collège renouvelé a entrepris d’assurer le renouveau de Herstal.

Le bilan est important, visible dans de nombreux domaines. Nous le diffusons chaque semaine, avec le Collège, au quatre coin de notre commune. Un résumé de notre action se retrouve dans le folder placé sur les tables.

Nous faisons chaque week-end du porte-à-porte pour rencontrer la population, être à leur écoute, proposer des solutions.

Des permanences de Collège sont organisées chaque mois dans les quartiers.

Cette proximité est pour nous essentielle et représente notre marque de fabrique.

Nous l’amplifierons encore dans les prochains mois avec tous les mandataires, tous les militants. Car un parti, ce n’est pas que des mandataires. C’est avant tout des militants et des valeurs.

C’est ce qui fait la force du PS. La seule richesse que nous avons ne sera jamais celle de l’argent mais du nombre, de la force des convictions, des idées.

A Herstal, le PS a toujours pris ses responsabilités et il est toujours resté cohérent tout au long de son histoire.

Nous créons les conditions pour favoriser les investissements et dès lors l’emploi.

Nous améliorons le cadre de vie et défendons les services publics.

Nous développons la cohésion sociale. Nous misons sur l’éducation porteuse d’égalité. Le sport et la culture sont pour nous de véritables outils d’émancipation.

Ensemble. Les jeunes socialistes, les aînés, les faucons, le syndicat, la mutualité, les membres de notre USC…soyons fiers de nos valeurs.

Soyons fiers d’être de vrais socialistes.